Trek avec son chien,
Itinéraires dog-friendly & conseils
Vous voulez partir quelques jours sur les sentiers de randonnée avec votre chien ?
Randonner avec son chien sur plusieurs jours, dormir en bivouac sous les étoiles, partager des moments en pleine nature avec votre compagnon à quatre pattes : c’est la promesse d’une aventure mémorable.
Bon, on ne va pas se mentir : quand on commence à se renseigner sur toutes les réglementations et à vérifier si votre chien sera accepté légalement dans telle ou telle zone, ça peut vite devenir un joyeux bordel.
Difficile de s’y repérer entre les parcs nationaux, les réserves naturelles, les arrêtés municipaux… Mais ne vous inquiétez pas : un trek avec son chien est largement faisable, et la grande majorité du territoire français vous est accessible !
Dans cet article, je vous explique tout ce qu’il faut savoir pour organiser un trek avec son chien : les endroits où vous avez le droit d’aller (et ceux à éviter), des itinéraires que j’ai moi-même testés, la gestion de l’eau et de la nourriture, le bivouac, le matériel nécessaire, et tous les conseils pratiques pour profiter pleinement de cette aventure.
Le tout vécu et approuvé avec mon chien Looping, un jeune berger de la Réunion de bientôt deux ans.

En résumé, si c’est votre premier trek avec un chien :
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✅ C’est faisable : les zones interdites aux chiens (cœurs de parcs nationaux) ne représentent que 0,5% du territoire français. |
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✅ Commencez par un trek de 2/3 jours dans un massif accessible comme le Morvan ou les Vosges. |
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✅ Entraînez-vous progressivement avec des randonnées à la journée avant de partir. |
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✅ Prévoyez toujours des points d’eau sur votre itinéraire, c’est le critère n°1 pour votre chien. |
« Où est-ce que j’ai le droit d’aller ? »
C’est la plus grosse question, et celle qui bloque la plupart des gens avant même de commencer à organiser quoi que ce soit. En fait, en commençant nos recherches quand on veut partir quelque part faire un trek, on se rend compte que tous les endroits ne sont pas accessibles avec un chien, malheureusement.
C’est compliqué de dire précisément où vous ne pouvez pas aller, car il y a toujours des particularités : des zones spécifiques, des tranches de dates, des moments de chasse, des arrêtés municipaux… Mais ce que vous devez retenir, c’est cette règle simple :
⛔ Les cœurs de parcs nationaux
… sont interdits aux chiens, même tenus en laisse ou portés sur soi. C’est inscrit dans le Code de l’environnement (article L331-4-1). Concrètement, je ne vous conseillerai pas de viser la Vanoise, les Écrins, le Mercantour, les Pyrénées ou Port-Cros pour votre prochain trek.
🤷♂️ Les réserves naturelles
… sont aussi, généralement, moyennement dog-friendly. Sur les 359 réserves naturelles présentes en France, 46 d’entre elles sont interdites aux chiens. Donc je ne vous conseillerai pas forcément la Chartreuse (très réglementée), les Hauts-Plateaux du Vercors (interdit aux chiens même en laisse), ou encore la réserve naturelle de la Vallée de Chaudefour dans le Massif Central.
👍 Les parcs naturels régionaux
… en revanche, sont quasi tous accessibles. La France en compte 58, couvrant 17% du territoire national. Dans la grande majorité, votre chien est le bienvenu à condition d’être tenu en laisse. C’est une surface considérable de nature sauvage et de sentiers à explorer avec votre compagnon.
Mais ne vous inquiétez pas : il y a énormément d’endroits incroyables à faire où les chiens sont totalement acceptés. Je vous donne ça juste après.
Le plus important, c’est qu’avant de partir, vous vérifiez bien les lois applicables dans la zone où vous partez. N’hésitez pas à téléphoner à l’office de tourisme local pour avoir toutes les informations (c’est souvent le moyen le plus fiable d’avoir une réponse claire et à jour). Vous pouvez également consulter les cartes IGN (version papier ou via une application comme WeTrek) pour identifier les limites précises des zones protégées.

Quelles sont les meilleures randonnées ?
10 idées d’itinéraires de trek avec son chien
Voici mes itinéraires recommandés pour partir en trek avec votre chien. Je les ai soit testés personnellement, soit soigneusement étudiés pour m’assurer qu’ils sont adaptés à l’itinérance avec un chien. Tous sont autorisés aux chiens et offrent des conditions idéales : points d’eau réguliers, paysages variés, spots de bivouac accessibles.
Mon chien peut-il partir faire un trek ?
C’est aussi une question essentielle que vous devez vous poser avant d’organiser quoi que ce soit.
“Mon chien est-il apte, notamment physiquement, à réaliser des randonnées sur plusieurs jours ?”
La réponse est clairement oui, car votre animal est un animal fait pour bouger, marcher, courir, renifler, découvrir. Mais la réponse est aussi “ça dépend”. Car entre un malinois ou un border collie surentraîné qui fait des longues randonnées depuis plusieurs années, et un autre chien qui n’a pas l’habitude de sortir de son pâté de maisons, la gestion et la préparation seront totalement différentes.
Quelle distance peut marcher un chien ?
Il n’y a pas de réponse précise à cette question (désolé). Tout dépend de l’historique de votre chien, sa race, son âge, sa condition physique, son expérience en randonnée. Mais si vous êtes ici, c’est que vous envisagez plusieurs jours de marche, donc j’imagine que votre chien peut quand même bien gambader au quotidien.
Les toutes premières randonnées et premiers treks que j’ai réalisés avec Looping, qui avait un an, je marchais environ 15 km par jour, sans compter le dénivelé associé. J’ai trouvé cette distance vraiment bien, agréable pour tout le monde, et elle lui a permis d’être en confiance, de finir la journée fatigué mais de repartir le lendemain frais et reposé, sans fatigue résiduelle.
Donc en gros, pour une fourchette très large, je dirais entre 10 et 20 km par jour pour débuter. Sachant que si votre chien est en libre, il fera beaucoup plus de distance que vous (un chien détaché parcourt facilement le double de votre kilométrage avec tous ses allers-retours et explorations).
Il y a toujours la petite pression de finir le trek en temps et en heure, donc assurez-vous que votre chien ait une marge de manœuvre pour ne pas être cuit, au cas où une journée vous devriez pousser un peu plus que prévu.
La randonnée est-elle mauvaise pour les chiens ?
Clairement… non. Au contraire, c’est une activité sportive mais relativement calme, sans pression, où les chiens ne sont pas en permanence en train de sprinter ou d’accélérer. Après, comme pour nous les humains, il y a forcément des risques, des blessures, des petits bobos. Mais en y allant progressivement, en respectant le rythme de votre chien, tout ira bien.
Il y a une chose à faire pour avoir la réponse claire : demander à votre vétérinaire. Le nôtre nous avait donné le feu vert pour Looping, en nous précisant les points de vigilance spécifiques à sa race et son âge.
Par contre, il y a clairement des choses à ne pas faire et qui sont fondamentalement mauvaises pour votre chien. En premier lieu : partir en trek sous canicule ou partir en plein après-midi. Ça, clairement, votre toutou en paiera le prix cher. J’ai déjà vu un chien faire un coup de chaleur en randonnée et ce n’est pas agréable (c’est même une urgence vitale). Désormais, les étés sont souvent extrêmement chauds, donc assurez-vous de bien faire les choses.

Comment s’organiser pour un trek avec son chien ?
S’entraîner et entraîner son chien
La toute première étape : partir en randonnée à la journée. Un trek de plusieurs jours ne s’improvise pas, ni pour vous ni pour votre chien. Profitez-en pour faire les belles randonnées près de chez vous, et partir un peu plus longtemps que vos balades habituelles.
Partez également en conditions proches du trek : prenez un sac à dos un peu lourd, testez le matériel (on en parle plus bas), voyez comment vous pourrez gérer l’eau, la nourriture, les pauses.
Faites progressivement un peu plus long en fonction de l’expérience de votre chien. Personnellement, je suis parti d’abord 3h, ensuite 4h, avant de pousser un peu plus pour atteindre, en comptant les pauses, vers 7h de sortie dans la journée. L’entraînement doit être progressif : augmentez la distance, le dénivelé et la durée graduellement.
Partir sur des petits treks au début
Si vous voulez faire les choses bien, et aussi pour découvrir si votre chien (ou même vous) appréciez le trek, partez 2 jours ou 3 jours pour commencer.
Personnellement, mon tout premier trek était un trek de deux jours dans le Morvan avec Looping, et c’était idéal pour débuter : pas trop long, beaucoup de points d’eau, hyper calme et nature, bivouac au bord d’un lac. Parfait pour faire découvrir le trek et la nuit en tente à mon chien.
Ça a été l’occasion de le voir évoluer dans un environnement différent. J’ai notamment pu voir qu’il n’était pas forcément rassuré à la tombée de la nuit et était un peu aux aguets les premières heures dans la tente. C’est exactement pour ça qu’il faut tester avant : mieux vaut découvrir ça sur un petit trek de deux jours plutôt qu’au milieu d’une traversée de cinq jours.
Je conseille aussi les Vosges pour un premier trek un peu plus ambitieux. Il y a des belles boucles de 3/4 jours bien adaptées aux chiens. Looping a pu découvrir la région du Hohneck, et le paysage environnant est magnifique et top pour un chien.
Comment choisir un itinéraire ?
Voici mes critères indispensables quand je choisis un itinéraire adapté à mon chien. C’est ma checklist mentale.
🚘 L’accès : voiture ou train ?
Forcément, quand on choisit un trek, il faut s’y rendre. Cela ne me pose pas trop de souci de faire de la route (Looping est à l’aise en voiture donc je n’ai pas peur de conduire quelques heures pour arriver à destination). Qui dit voiture dit souvent trouver un itinéraire en forme de boucle (pour revenir au point de départ). L’avantage du train, c’est de pouvoir faire un parcours linéaire sans retourner au point de départ (comme la Traversée des Bauges de Chambéry à Annecy, par exemple, où vous pouvez accéder en train aux deux extrémités). Selon le temps alloué au trek, je vise plus ou moins de trajet. Pour un week-end de 2 jours, je n’ai pas forcément envie de conduire 7h. Mais si je dois le faire pour partir une semaine, ça ne me dérange pas. Si vous préférez combiner trek et road trip, je vous explique tout dans le guide complet du road trip avec son chien.
🚰 Les points d’eau : critère n°1
Quand je choisis un trek pour partir avec mon chien, je veux absolument qu’il y ait régulièrement des points d’eau, et surtout des cours d’eau (pour éviter la stagnation et les bactéries), afin que Looping puisse se rafraîchir quand il veut. Et encore plus quand je pars l’été. J’ai vraiment vu qu’il avait besoin de se tremper le corps régulièrement. Cet été, j’étais dans le Massif des Cerces dans les Alpes du Sud, et lors de notre expédition, une routine s’était vraiment mise en place : il me demandait régulièrement d’aller juste se tremper et se rafraîchir dans la Clarée, ensuite on repartait de plus belle. Avec les grosses chaleurs, cela me paraît essentiel en été ; moins quand la température ne l’exige pas. Consultez votre carte avant de partir pour repérer chaque rivière, lac et autres fontaines sur le parcours.
⛰️ L’ombre et la variété du paysage
L’ombre est aussi un critère important, car un chien a besoin de bien réguler sa température. J’aime être en forêt, sous des arbres, l’essentiel du temps. Bien qu’évidemment, être au sommet des montagnes et profiter des panoramas soit top, si mon chien est tout le temps exposé au soleil (et même moi d’ailleurs), je trouve ça problématique. Donc j’essaye de choisir des itinéraires avec un paysage varié : forêt, champ, pâturage, crête. C’est aussi beaucoup plus agréable pour tout le monde.
⛅ La saison idéale
La période de l’année compte énormément. Partir en février sur un trek en haute montagne sous la neige est une tout autre aventure qu’un trek en juin. Personnellement, les meilleures périodes selon moi sont mai-juin et septembre-octobre. Ces périodes permettent qu’il ne fasse pas trop chaud, que l’essentiel de la neige ait disparu en montagne, d’éviter le trop de monde sur des itinéraires connus, et de profiter des spots de bivouac en toute quiétude.
Attention : du 15 avril au 30 juin, un arrêté ministériel impose de tenir son chien en laisse en forêt, hors des allées forestières, pour protéger la faune et la flore pendant la période de nidification.

L’éducation
Forcément, partir en trek nécessite une éducation et des bons comportements de base. Je ne suis pas éducateur canin alors je ne vais pas donner de cours, mais je liste ce qui selon moi est important pour partir sereinement (ou alors c’est aussi l’occasion de bosser ces points avant le grand départ).
🗣️ Le rappel
Si vous comptez lâcher votre chien, assurez-vous d’avoir un bon rappel. C’est la base de la base. Sans rappel fiable, gardez votre chien en longe/laisse.
🧀 Le refus d’appât
En randonnée, on peut tomber sur des surprises parfois moyennes (des excréments humains, des restes de pique-nique, des os…). Donc si votre chien sait ignorer et ne pas toucher quelque chose qui lui paraît appétissant, c’est un gros bonus. Looping est en plein apprentissage du refus d’appât, car il aime bien voler le pique-nique des autres randonneurs (clairement c’est la honte).
🦌 Le renoncement et la gestion de la prédation
Partir en nature, c’est aussi respecter la faune et la flore sauvage. Oui, il peut y avoir des mulots, des bouquetins, des vaches, des marmottes. Mais il faudrait mieux que votre chien n’aille pas les voir. Encore mieux : si votre chien peut rester uniquement sur les sentiers, c’est top. Ça vous évitera des amendes et surtout, cela permet de préserver la nature et les animaux sauvages qui y vivent.
🐕 Ignorer un autre chien
Partir en trek, c’est croiser d’autres chiens d’autres trekkeurs, mais aussi potentiellement des patous ou des chiens de garde. Alors si votre chien est totalement à l’aise avec le fait d’ignorer un autre chien, c’est vraiment bien car cela vous évitera tout souci en chemin.
💤 Savoir se poser
Les premières nuits en trek étaient bizarres pour Looping. Il se demandait pourquoi on restait là tard et pourquoi on ne rentrait pas à la maison profiter du bon gros canapé. C’est l’occasion d’apprendre à votre chien à se reposer et dormir dans n’importe quelles conditions. Croyez-moi, après une bonne journée de marche, ça vient naturellement.
Faites-vous accompagner par un éducateur canin si vous avez des doutes, ou recherchez sur internet et sur les réseaux (Youtube, Facebook, Instagram) des exercices pour bosser ces points avant de partir.

La gestion de l’eau et de la nourriture
C’est une partie essentielle de la préparation d’un trek avec son chien, et celle qui demande le plus d’anticipation.
Pour l’eau
Je vous conseillerai dans un premier temps de prendre plus d’eau que nécessaire. Certes c’est un peu plus lourd dans le sac à dos, mais au moins il n’y aura pas de risques pour votre chien. Il doit absolument être toujours bien hydraté (un chien peut boire jusqu’à 3 litres par jour en effort). Repérez systématiquement les points d’eau sur votre carte avant de partir. Et ne laissez pas votre chien boire dans des eaux stagnantes (risque de cyanobactéries, leptospirose).
Pour la nourriture
Je rajoute environ 10/15% de croquettes en plus par jour par rapport à la ration habituelle, car l’effort et les besoins énergétiques sont différents en trek. Je n’hésite pas à lui amener des collations pour les longues pauses. Privilégiez des croquettes riches en protéines et en graisses pour compenser les dépenses, votre vétérinaire peut vous conseiller une référence adaptée.
Si votre trek dépasse 5 jours, les croquettes deviennent lourdes à porter. Deux solutions : équipez votre chien d’un sac sur son harnais pour qu’il porte sa propre nourriture (sans dépasser 10% de son poids), ou organisez un ravitaillement en croquettes à mi-parcours via un gîte ou un bureau de poste sur l’itinéraire.

L’aventure outdoor
avec Looping
Quels conseils pour le bivouac ?
Mon premier conseil serait, paradoxalement à ce qu’on entend partout, de ne pas optimiser le poids, en tout cas sur vos premiers treks. Visez plutôt le confort, pour vous et pour votre chien.
Typiquement, lors de mes premiers treks, je suis parti avec une tente deux places, relativement lourde, mais beaucoup plus solide qu’une tente ultra-légère qui pourrait se déchirer au moindre coup de griffes de mon chien. Plus de place pour moi, et plus de place pour lui. Idem, prenez quelque chose pour qu’il soit à l’aise pour dormir.
Dans le Morvan, j’avais complètement oublié d’amener un plaid ou une petite couverture, donc il a dormi à même le sol de la tente, et c’était vraiment pas optimal (sachant qu’au quotidien, il se pavane dans un gros canapé bien douillet).

Les conseils pratiques
✔️ Choisissez un emplacement plat, à l’abri du vent, et si possible à proximité d’un point d’eau (mais pas trop près : les animaux sauvages viennent s’y abreuver la nuit)
✔️ Pensez à lui couper les griffes avant le départ pour éviter qu’il ne perce le tapis de sol de la tente
✔️ En montagne, les nuits peuvent être fraîches même en été (un plaid ou un petit duvet pour chien n’est pas du luxe)
✔️ Prévoyez son repas du soir une fois le bivouac installé et les efforts de la journée terminés, pour une meilleure digestion
✔️ Rappelez-vous que les feux de camp sont interdits dans la quasi-totalité des espaces naturels en France : utilisez un réchaud
Comment dormir dans la tente ?
Moi, je suis de la team “je dors avec mon chien”. Il me paraît irréel de laisser mon chien dormir dehors, que ce soit au niveau sécurité ou même d’un point de vue de mon propre stress. Je n’arriverais pas à dormir si je ne vois pas mon chien bien installé à côté de moi.
Après, chacun est libre de faire ce qu’il veut, certains laissent leur chien dans l’abside de la tente. Mais je recommande de partir avec une tente bien spacieuse, certes un peu plus lourde, mais confortable pour vous et votre chien. Dormir en bivouac avec son chien, c’est aussi un moment de complicité unique, et souvent, votre chien fait une excellente bouillotte les nuits fraîches.
L’option gîtes et refuges
Si le bivouac ne vous tente pas (ou pas encore), vous pouvez aussi dormir en gîte d’étape ou en refuge. C’est plus confortable, vous n’avez pas à porter la tente, et vous profitez d’un vrai repas chaud le soir. Par contre, soyons honnêtes : avec un chien, c’est beaucoup plus compliqué. La grande majorité des refuges de montagne n’acceptent pas les chiens à l’intérieur, votre compagnon devra dormir dehors, souvent attaché à proximité, et ce n’est pas idéal ni pour lui ni pour votre tranquillité d’esprit.
Les gîtes d’étape sont généralement plus souples, mais ça dépend vraiment de chaque établissement. Mon conseil : appelez toujours en amont pour vérifier. Ne débarquez jamais en espérant que ça passera, vous risquez de vous retrouver sans solution à la tombée de la nuit. Sur certains itinéraires comme le GR34 en Bretagne, les hébergements dog-friendly sont assez nombreux ; en haute montagne, c’est une autre histoire. Personnellement, je préfère le bivouac justement pour cette raison : je suis libre, je ne dépends de personne, et Looping dort avec moi.
Quel matériel utiliser pour un trek avec son chien ?
Le matériel est un sujet sur lequel on peut vite se perdre (et se ruiner). Voici l’essentiel, testé sur mes treks avec Looping.
L’aspect juridique et écologique
du trek avec son chien
Quelles réglementations pour randonner avec son chien ?
La réglementation peut sembler complexe, mais elle se résume à quelques règles claires. Voici ce que dit la loi.
En zone “classique” (hors zones protégées)
Il n’existe pas d’interdiction générale des chiens sur les sentiers de randonnée en France. Votre chien peut vous accompagner sur la quasi-totalité des chemins et sentiers, à condition de ne pas être en état de divagation. La loi ne vous impose pas la laisse en permanence (sauf arrêtés locaux), mais elle vous impose la surveillance effective de votre animal.
Les parcs nationaux
Les chiens sont interdits dans les zones cœur des 11 parcs nationaux français (Code de l’environnement, article L331-4-1). Exceptions : les Cévennes (chiens en laisse autorisés), les Calanques (divagation interdite mais chiens en laisse acceptés), la Réunion (accessible sauf zones fragiles). Sanction : contravention de 3ème classe (68€) ou 4ème classe (135€).
Les réserves naturelles
Chaque réserve a sa propre réglementation. Sur les 359 réserves françaises, 46 interdisent les chiens. Vérifiez systématiquement avant de partir, soit sur le site de la réserve, soit en contactant l’office de tourisme.
Les parcs naturels régionaux
Les 58 PNR de France sont globalement accessibles aux chiens, sous réserve de les tenir en laisse. Certains PNR contiennent des réserves naturelles avec des règles spécifiques (d’où l’importance de vérifier le détail).
En forêt
L’arrêté du 16 mars 1955 impose de tenir les chiens en laisse en forêt, hors des allées forestières, du 15 avril au 30 juin, pour protéger la nidification des oiseaux et la reproduction du gibier. Le reste de l’année, la divagation reste interdite mais le chien peut être détaché sous surveillance.

Laisser son chien en libre
La question que tout randonneur avec chien se pose : « puis-je détacher mon chien sur les sentiers ? »
La réponse juridique est nuancée. La loi française n’impose pas la laisse en permanence (sauf dans les zones spécifiques mentionnées ci-dessus et les éventuels arrêtés municipaux). Ce qu’elle interdit, c’est la divagation.
Selon l’article L211-23 du Code rural, un chien est considéré en état de divagation lorsqu’il remplit l’une de ces conditions :
Concrètement : si votre chien est détaché mais reste à moins de 100 mètres de vous, qu’il répond à votre rappel vocal ou au sifflet, et que vous le surveillez activement, il n’est pas en divagation au sens de la loi. Mais c’est votre responsabilité : si votre chien cause un dommage à un tiers, à un troupeau ou à la faune sauvage, vous en êtes pénalement et civilement responsable, qu’il soit en laisse ou non.
Je lâche Looping quand je suis sûr de mon environnement (pas de troupeaux, pas de route, pas de zone protégée). Sinon, il marche avec la laisse élastique de cani-randonnée, qui lui permet d’ailleurs de s’adapter à notre rythme et d’être calme. C’est la meilleure façon de randonner avec son chien sereinement.

Le respect de la nature
Partir en trek avec un chien, c’est accepter une responsabilité supplémentaire envers la nature. Voici les bonnes pratiques pour que votre passage laisse le moins de traces possible et contribue à préserver la faune et la flore.
✔️ Gardez votre chien sur les sentiers autant que possible. Un chien qui vagabonde hors des chemins piétine la végétation fragile, dérange les animaux sauvages en période de reproduction, et peut détruire des nidifications au sol sans même que vous le sachiez.
✔️ Respectez la faune sauvage. Les odeurs de votre chien (urine, marquage) stressent les animaux sur un rayon bien plus large que sa simple présence visuelle. Les marmottes, les chamois, les cerfs : tous perçoivent un chien comme un prédateur potentiel. C’est d’ailleurs la raison principale des interdictions dans les parcs nationaux.
✔️ Ne laissez aucune trace. Emportez tout ce que vous avez apporté : restes de croquettes, emballages, sacs de déjections. La nature n’est pas une poubelle, et cette règle est encore plus vraie quand on voyage avec un animal.
✔️ Si possible, ramassez les déjections de votre chien sur les sentiers fréquentés et à proximité des points d’eau. En pleine nature isolée, enterrez-les à au moins 30 cm de profondeur, loin de tout cours d’eau.
